Partager l'article ! Renaissance : soumission et domination: Et si ma soumission n'avait été qu'autoflagellation… si j'avais dû en passer par là pour oser ? ...
Et si ma soumission n'avait été qu'autoflagellation… si j'avais dû en passer par là pour oser ?
Vous avez lu et parfois nous avons dialogué. Ma vision de l'appartenance se construisait ici doucement, agrémentée de mes lectures, réflexions et rencontres. Petit à petit, je prenais de l'assurance et savais quelle appartenance, je voulais vivre. Dans un même temps, de moins en moins, je n'était certaine de savoir de quel côte de la cravache je voulais être...
Une question s'est imposée : Si ma soumission n'était qu'un passage, si me donner n'était que ma voie pour dépasser les interdits. Si je devais savoir comment une Chose pouvait aimer son bourreau afin de pouvoir oser passer le pont.
Oui, en tombant amoureuse de celui que j'appelai Maître, était-ce le déclenchement vers l'expression de mon désir de domination…
En étant aimée Chienne de mon Maître, Salope de mon Maître allais-je parvenir à m'avouer le désir de dominer, de posséder ma Chose ?
Ai-je ainsi
compris que je voulais être une déesse pour l'homme que j'aimais ?
En recevant le fouet de l'homme que j'aimais, comprenais-je que je pouvais oser donner le fouet à celui que j'aime ? Si je ne pouvais accepter le fouet non pas que la douleur me fut insupportable mais insupportable la frustration, insupportable d'imaginer cet homme me fouetter alors que son dos aurait du être balafré par ma main le fouettant… la brûlure la plus insupportable ce n'était pas celle de la lanière du fouet sur mon cul mais celle ans ma main vide… celle de main imaginant la chambrière...
En acceptant de me vêtir (dévêtir) pour lui plaire, étais-je capable de comprendre que je voulais exciter cet homme, que je voulais avouer enfin contre la morale,
contre les tabous… que j'étais une Animale sexuelle, sensuelle. Que j'étais intelligente et vivante et désirante, que la chair et l'esprit ne faisaient
qu'un ? En acceptant d'être sa putain, avais-je décidé d'être la Dominante que j'étouffai depuis mon plus jeune âge ?
Ma droiture, mon honnêteté, ma fidèle amitié, mes qualités et mes défauts mes colères, mes coups de gueule sans rancune allaient enfin pouvoir vivre au grand jour ? Je n'étais
plus cette jeune fille garçon manqué mais j'allais être cette femme qui vivrait ses aspirations fussent-elles celle que l'on attribut plus volontiers à un homme et alors ?
Pouvais-je avouer ne pas être lesbienne, pouvais-je hurler aimer les hommes, pouvais-je dire aimer le sexe, pouvais-je être cruelle et perverse, et être la douce, la tendre Harmony ?
Si en m'offrant j'avais osé dire, je suis supérieure à cet homme, je le désire, je le veux… si j'avais accepté pour être aimée plus que je ne pouvais le
supporter.
Do, le Maître le plus exceptionnel qui me fut permis d'approcher dit :
- Apprends qui tu es, si tu es Domina ou soumise tu le sauras… tu veux être sûre que tu es soumise, traites ton soumis comme tu voudrais être traitée.
J'ai surtout compris que si j'avais accepté de mettre mon Maître sur la plus haute marche c'est que c'est là que je voulais être portée par un homme qui plierait, qui accepterait de me servir, de
m'encenser. Je comprenais que je voulais être la Suprême, celle pour qui, par qui respire ma ChOse. J'ai compris que cette douleur qui me donnait du
plaisir, que cette déchirure que j'acceptais par amour c'est celle que je voulais imposer, distiller… c'est d'elle dont j'allais me repaître.
J'acceptais d'aller au tréfonds de moi, dans la noirceur de mon être car je savais qu'encore plus bas, plus loin, la Bête rugirait, se
révèlerait.
En me soumettant, je transgressais de façon martyr mais je sentais se révéler le bourreau, il me faut aimer ma ChOse et savourer sa
douleur, la recevoir en offrande.
Si j'aimais tant certain moment de ma soumission, c'est que j'aime voir dans les yeux d'un homme l'admiration, les
larmes, la douleur…
Lorsque que discutant de la possibilité d'être switch, j'entendais
- Mais si tu n'es pas vraiment Dominante, ta ChOse sera malheureuse !
Je bouillais car comment parvenir à dire que je bâillonnais par morale, par conventionnalisme de l'image masculine, que par lâche acceptation des rôles distribués
je taisais mon instinct. Comment hurler que je savais mieux que quiconque et surtout mieux que lui, le goût du sang sur ma langue, que je savez mieux que lui, la tempête que provoqueraient
les cris, les gémissements, les suppliques de ma ChOse. Comment et où trouver la force de dire qu'entre mes jambes, un sexe palpitait. J'avais trop longtemps étouffer ma soif de domination,
d'esthétisme et de bestialité.
Ah, oui, ce sexe de guerrière celte, j'allais en faire ma marque, mon sceptre.
Lorsque serrée dans mon corset, je lui réclamais de serrer encore, encore plus fort c'est que je savais mon corps plus
fort que ses mains. J'aurai tout accepté de lui, tout souffert… mais ce silence, ce refus de pardonner, cet enfermement je n'ai pu l'accepter de
lui.
J'avais appris dans cette épreuve que je ne pouvais pas accepter qu'il doute de mon Amour, je ne pouvais pas accepter qu'il m'impose des convictions… Personne qui ne soit un Roi et un grand Roi
ne m'imposera quoi que ce soit… et surtout personne au nom des apparences ne m'empêchera de pleurer, d'hurler, de gifler, de boire, de m'enivrer, de jouir, je ne serai que je ce que suis au fond
de moi…
Par faiblesse, se draper dans la froideur c'est oublier de vivre. Je venais de comprendre que la force de l'appartenance ce n'était pas
d'être belle et offerte, que le martyr n'est guère plus vrai que le bourreau. Je devais être moi-même et cela passait par la domination… En
presque deux ans, je n'ai appris qu'une chose c'est que je suis vivante, que je n'ai et n'aurai plus jamais peur de l'être ambiguë que je suis.
Douce et tendre, cruelle et perverse, féminine et masculine, dominée et dominante, je suis Harmony et j'apprends à n'être qu'
Harmony et ne vivre que dans mon harmony-bulle.
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La chrysalide laisse enfin échapper son papillon et quel papillon !!! ...surprenant tout ça, harmony. J'aimerai être sur qu'il s'agit de la phase finale de la métamorphose. Je perdrai le charme de la soumise mais tu gagneras à t'être trouvée. Notre 'moi' finit toujours par sortir, pour peu qu'on entrouvre la porte. C'est ensuite une affaire de temps.
Cher Maître
Vous connaissez trop bien Harmony pour que je ne sois pas obligée de vous dire que je ne sais pas si c'est la phrase finale mais c'est une phase nécessaire…et puis finalement dans la vie de papillon mieux vaut être en mutation puisque la vie du papillon ne dure que si peu de temps. Vous savez que ce cheminement ne serait pas possible sans vous et sans cette réflexion. Merci d'être là… et qui sait ce que la phase finale sera ?
De toute façon, la phase finale sera, le bonheur puisque enfin moi, Harmony se sera trouvée et retrouvée… et que soit elle au pied de son Maître ou sa Chose à ses pieds… vous occupez une place que nul n'habitera jamais….